Où atterrir après la pandémie ?

Réfléchir à ce que je veux garder, quitter... après ces deux mois de confinement.

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SURVIVRE À LA CRISE...dans une dynamique pascale par Jean-Marie Petitclerc

Nous voici à la croisée des chemins….
Se pose désormais la question de l’après pandémie. 
Souvenons-nous-nous, à l’époque où notre pays sortait d’une période sombre, des mots que le Général de Gaulle écrivait à l’abbé Pierre : « Mon cher ami … Puissent les Français conserver le secret de cette fraternité qu’ils surent découvrir aux heures de l’épreuve. »
Saurons-nous tirer les leçons de la crise que nous venons de traverser ? Et apprendrons-nous à mieux anticiper une crise encore plus grave qui se profile à l’horizon, celle provoquée par le réchauffement climatique ?
Nous sommes à la croisée des chemins : allons-nous continuer sur la voie de l’individualisme ou allons-nous emprunter celle de la fraternité ? LIRE L'INTÉGRALITÉ DU TEXTE

Premiers et premières

Chaque année, fin mars début avril, je guette leur arrivée et dans mon agenda je note la date,
 le lieu de cette rencontre : Premières hirondelles.
Cette année ce fut le 9 avril devant le prieuré. C’était le jeudi-saint, confiné !
Premières perce-neige, primevères, jonquilles.

Première ballade le soir quand rallongent les jours.

Premier chant du coucou et du grillon.

Première rose à la fenêtre du prieuré et première marguerite

à la sente Mongodin.

Premières clochettes de muguet et parfum du lilas

Premiers fruits après les fleurs.

 

J’aime ces premiers et ces premières.

Ces commencements et le retour des saisons,

Le grand V et le cri des oies sauvages au temps des migrations.

 

Elles carillonnent ce matin au clocher de l’église.

Musique sans paroles et pourtant elles nous disent :

‘’C’est dimanche aujourd’hui,

le premier jour de la semaine

le jour du Seigneur,  le premier né d’entre les morts

 

 ‘’La joie, c’est le signe de la vie qui gagne.’’

Nous dit le philosophe Henri Bergson.

Est-ce pour cela que j’aime ces premiers, ces premières ?

Peut-être !

F. Claude
(A La Carneille, le dimanche 26 avril 2020)

L'espérance au temps du coronavirus

"Chronos" contre "kairos", le double mythe grec par le cardinal José Tolentino de Mendonça

« Que sommes-nous, sinon des esclaves du temps ? Nous vivons sous la dictature du temps chronologique : ce temps utilitaire et vorace, ce compteur permanent qui ne dort pas, ce coureur que personne n’arrive à arrêter. Nous sommes littéralement avalés par le temps, comme le montre la représentation mythologique. Chronos, l’invincible roi des Titans, dévorait sans pitié ses propres enfants. Nous vivons dans une course au rythme effréné des jours, convaincus que rien ne peut l’arrêter, craignant tout ralentissement ou toute pause, repoussant l’essentiel à un autre siècle et la vie à une autre vie. 

 

Mais, à côté du chronos, les Grecs avaient une autre conception du temps, à laquelle ils réservaient un autre terme, kairos. Dans chronos prévaut une vision quantitative, une sorte de comptabilité vertigineuse, une inaltérable ligne continue qui nous piège dans sa toile. Et nous le savons : ce n’est pas cette expérience du temps qui donnera une âme au monde. Cependant, le temps peut se vivre comme une réalité qualitative, c’est-à-dire qu’il peut être défini comme « le temps de », « le temps pour ». Ce qui est souligné n’est pas tant la durée que le moment propice, le point décisif, l’heure de la réception de la grâce capable de changer les référentiels du monde. Si cela se produit, le chronos a été transformé en kairos.
Ce qui est souligné n’est pas tant la durée que le moment propice, le point décisif, l’heure de la réception de la grâce.


Dans l’imaginaire contemporain, le terme « quarantaine » nous renvoie aux mondes arriérés dépassés par la modernité. Tout au plus pouvait-on l’appliquer à quelques cas individuels, lorsque la gravité des pathologies impose cette obscure pratique sécuritaire. Ceux qui, poussés par des motivations religieuses ou par des choix de vie prémédités, ont appris à rendre féconde et solidaire leur propre solitude, ont auparavant suivi un parcours initiatique, ils ont éduqué leur cœur dans ce sens, mais ils ont dû se positionner à contre-courant. Cette éducation fait effectivement défaut dans une société où les plus grandes incitations vont dans la direction opposée : dans la ligne de l’évasion, de l’étourdissement consumériste, d’une vie de masse, dispersée.


On passe sa vie entière à répéter que « time is money » (« le temps c’est de l’argent ») sans s’apercevoir du coût existentiel de cette affirmation. C’est le moment d’aller chercher ce que nous avons perdu ; ce que nous laissons systématiquement non dit ; cet amour auquel nous ne donnons jamais ni voix au chapitre, ni temps ; cette gratuité réprimée que nous pouvons maintenant savourer et pratiquer. Nous ne devons pas regarder cette quarantaine seulement comme un revers glaçant de la vie qui nous laisse en mode « off », dressant de façon maniaque la liste de tout ce que nous sommes en train de perdre. Nous en sortirons plus matures si nous en profitons comme un don, comme un espace plastique et ouvert. »

Vivre ce temps de crise à la lumière de Pâques

Comment dire la joie pascale en telle situation ?  Tous d’expérience, nous savons que nos mots sont bien maladroits et peuvent devenir insupportables pour celui qui est dans la nuit. Je vous rappelle l’expérience de Job dans la Bible, le juste sur lequel s’abat malheurs sur malheurs. Les paroles maladroites de ses amis ne peuvent lui être qu’insupportables. 
Bien modestement, sachant que c’est ensemble, dans la diversité de nos vocations et de nos expériences que l’on peut avancer, je voudrais essayer, sous le mode plutôt d’un partage de discerner dans le message pascal quelques repères pour vivre notre aujourd’hui. … C’est sans prétention et bien modeste ! LIRE L'INTÉGRALITÉ DU TEXTE

Méditations du Chemin de croix du Vendredi Saint par Anne-Marie Pelletier

Ouverture
L’Heure est donc venue. Le chemin de Jésus sur les routes poudreuses de Galilée et de Judée, à la rencontre des corps et des cœurs en souffrance, pressé par l’urgence d’annoncer le Royaume, ce chemin s’arrête ici, aujourd’hui.
Sur la colline du Golgotha. Aujourd’hui la croix barre le chemin. Jésus n’ira pas plus loin.
Impossible d’aller plus loin !
L’amour de Dieu reçoit ici sa pleine mesure, sans mesure.
Aujourd’hui l’amour du Père, qui veut que, par le Fils, tous les hommes soient sauvés, va jusqu’au bout, là où nous n’avons plus de mots, où nous perdons pied, où notre piété est débordée par l’excès des pensées de Dieu. LIRE LA SUITE

Face à l'épidémie, reste la charité nue - Fabrice Hadjadj

Les hommes savent qu’ils vont mourir, mais ils ne le croient guère. Tous les hommes sont mortels, certes, mais je ne suis pas un homme, je suis Fabrice, le fils de Bernard et de Danielle, avec des souvenirs trop singuliers pour entrer dans un syllogisme. Socrate est mortel, certes, mais c’est Socrate, pas moi, qui ne pourrai jamais constater mon décès. Comment serai-je mort à mes propres yeux, puisque, pour le voir, il faut que mes yeux vivent ? LIRE LA SUITE

 

Texte complet de la méditation lors de la bénédiction "Urbi et Orbi"  par le pape François -  27 mars 2020

« Le soir venu » (Mc 4, 35). Ainsi commence l’Evangile que nous avons écouté. Depuis des semaines, la nuit semble tomber. D’épaisses ténèbres couvrent nos places, nos routes et nos villes ; elles se sont emparées de nos vies en remplissant tout d’un silence assourdissant et d’un vide désolant, qui paralyse tout sur son passage : cela se sent dans l’air, cela se ressent dans les gestes, les regards le disent. LIRE LA SUITE

La phrase de M. Macron « nous sommes en guerre » a inspiré ce texte à une xavière. Quel sens ont les 3 piliers du carême en ce temps de crise ?

 

Dans cette guerre que le monde mène, je l’avoue de suite : je ne suis pas au front. Les nouvelles me parviennent, certes, et je ne peux que compatir et prier pour tous ceux qui se trouvent au rang des blessés, des mourants, des morts, et pour tous ceux qui, dans l’urgence de la bataille se démènent pour leur venir en aide, s’épuisent, et pour certains succombent.

Je suis loin de ce front-là, comme j’étais loin aussi des tragédies des guerres civiles ailleurs, au Yemen, en Syrie, loin des homicides, féminicides et génocides perpétrés dans tant de coins du monde. Loin, mais non indifférente… mais impuissante. LIRE LA SUITE

Méditation du Cardinal Ouedraogo

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Cette fresque du XIème siècle se trouve à Capoue en Italie. Elle charme par la fraîcheur de son interprétation. Les  bleus dominent et se répondent : le bleu transparent du ciel italien, le bleu de l’eau, de la fontaine, des vêtements du Christ et des apôtres.

 

 

Nous sommes dans un monde unifié, harmonieux celui de la vie nouvelle que nous apporte Le Christ. Le tableau est baigné de lumière. LIRE LA SUITE

 

Méditation de la tempête apaisée proposée par le Père Christophe Peschet à partir de l'enluminure de l'Évangéliaire d'Egbert

Visiblement, deux moments distincts sont décrits. Le Christ est représenté deux fois. Il est reconnaissable à son auréole. Pour confirmer l’identité de Jésus, l’auteur de l’enluminure a placé de part et d’autre de l’auréole les lettres grecques qui désignent traditionnellement le Christ. LIRE LA SUITE

Sur la thématique du "Confinement"

Le confinement vu par François Cassingena-Trévedy, moine bénédictin à l'abbaye de Ligugé

Rester chez soi, limiter déplacements et interactions… Nous pouvons avoir le sentiment de vivre « comme des moines ». Qu’en pensez-vous ?

La situation actuelle présente effectivement des traits communs avec la vie monastique, à la différence près que le confinement de la vie monastique est un confinement volontaire, tandis que ce que vit la société est imposé par des circonstances, ce qui change totalement la donne… Au fond, il s’agit de ressemblances très matérielles ! Lorsque l’on entre dans un monastère, il ne s’agit pas d’être confiné, mais cloîtré. Le cloître est un espace de liberté et non un lieu d’emprisonnement. D’ailleurs, les monastères sont actuellement eux-mêmes confinés, ce qui n’est pas le cas habituellement, car il existe malgré tout une certaine mobilité dans la plupart des communautés… LIRE LA SUITE

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