Homélie du mardi 14 avril 2020 - Pape François

«La prédication de Pierre, le jour de la Pentecôte, a transpercé le cœur des gens: "Celui que vous avez crucifié est ressuscité". En entendant cela, ils ont senti leur cœur être transpercé, et ils ont dit à Pierre et aux autres apôtres: "Que devons-nous faire?" Et Pierre est clair: "Convertissez-vous. Convertissez-vous. Changez vos vies. Vous qui avez reçu la promesse de Dieu et qui vous êtes écartés de la loi de Dieu, de beaucoup de choses, au milieu des idoles, de beaucoup de choses ... convertissez-vous. Retour à la fidélité". La conversion est la suivante: revenir à la fidélité. La fidélité, cette attitude humaine qui n'est pas si courante dans la vie des gens, dans notre vie. Il y a toujours des illusions qui attirent l'attention et souvent nous voulons aller derrière ces illusions. La fidélité, dans les bons comme dans les mauvais moments. Il y a un passage du deuxième livre des Chroniques qui me frappe beaucoup. C'est dans le chapitre 12, au début. "Lorsque le royaume fut consolidé, lit-on, le roi Roboam se sentit en sécurité et s'écarta de la loi du Seigneur et tout Israël le suivit". C'est ce que dit la Bible. C'est un fait historique, mais c'est un fait universel. Souvent, lorsque nous nous sentons en sécurité, nous commençons à faire nos plans et nous nous éloignons lentement du Seigneur, nous ne restons pas fidèles. Et ma sécurité n'est pas ce que le Seigneur me donne. C'est une idole. C'est ce qui est arrivé à Roboam et au peuple d'Israël. Il se sentait en sécurité - un royaume consolidé - il s'est détourné de la loi et a commencé à adorer des idoles. Oui, nous pouvons dire: "Père, je ne m'agenouille pas devant les idoles". Non, peut-être que vous ne vous agenouillez pas, mais que vous les cherchez et que vous adorez tant de fois les idoles dans votre cœur, c'est vrai. À plusieurs reprises. Votre propre sécurité ouvre la porte aux idoles.

 

Mais votre propre sécurité est-elle mauvaise? Non, c'est une grâce. Etre en sécurité, mais aussi être sûr que le Seigneur est avec moi. Mais quand il y a une sécurité et que je suis au centre, je me détourne du Seigneur, comme le roi Roboam, je deviens infidèle. Il est si difficile de garder la loyauté. Toute l'histoire d'Israël, et ensuite toute l'histoire de l'Église, est pleine d'infidélités. Pleine. Pleine d'égoïsmes, plein de ses propres sécurités qui font que le peuple de Dieu s'éloigne du Seigneur, perd cette fidélité, la grâce de la fidélité. Et même parmi nous, parmi les gens, la fidélité n'est pas une vertu bon marché, certes. L'un n'est pas fidèle à l'autre... "Convertissez-vous, revenez à la fidélité au Seigneur".

 

Et dans l'Evangile, l'icône de la fidélité : cette femme fidèle qui n'a jamais oublié tout ce que le Seigneur avait fait pour elle. Elle était là, fidèle, face à l'impossible, face à la tragédie, une fidélité qui lui fait aussi penser qu'elle est capable de porter le corps... Une femme faible mais fidèle. L'icône de fidélité est cette Marie de Magdala, apôtre des apôtres.

 

Demandons aujourd'hui au Seigneur la grâce de la fidélité, de rendre grâce quand il nous donne des sécurités, mais ne pensons jamais qu'elles sont "mes" sécurités et toujours, regardons au-delà de nos propres certitudes; la grâce d'être fidèle même devant les tombes, devant l'effondrement de tant d'illusions. La fidélité qui demeure toujours... Mais il n'est pas facile de la maintenir. Que ce soit Lui, le Seigneur, qui la garde».