Des échos des diacres et de leurs épouses

Daniel et Joële Vermot-Gaud

Nous nous estimons très gâtés par nos conditions de confinement : jardinage à gogo avec le soleil !
Nous avons augmenté notre temps quotidien de partage de la Parole de Dieu.
Nous passons beaucoup de temps au téléphone : familles proches (par Whatsapp) et plus lointaines (dans le Doubs plusieurs cousins et cousines malades du Covid-19 dont l’une décédée un son fils en réa depuis 3 semaines), mais aussi voisin(e)s, de nombreux amis de la paroisse ou d’ailleurs souvent seuls (veuvage, divorce) et contact régulier avec un prêtre du Rwanda, Fidei donum à Mézidon Canon, etc.
Quelques missions (avec masque et gants compte tenu de mon âge) pour le CCAS le vendredi (Secours Populaire, Solidarité Bocage) : découverte d’un monde que je connaissais bien mal.
Nous avons apprécié les miracles de la Web TV qui nous relie si bien à nos communautés malgré le confinement.

 

Gérard et Yvonne Huet

Le confinement nous fait découvrir, Yvonne et moi, une autre façon (heureuse) de vivre en couple : nous n'avons jamais passé autant de temps ensemble... Il montre aussi à tous le rôle social essentiel de tant de gens habituellement ignorés.
Nous essayons de rythmer nos journées et d'en organiser les temps : prière, appels téléphoniques, contacts familiaux et de voisinage, jardinage, courses, engagements, repas...
Mes engagements en Eglise et hors Eglise changent de forme : réunions téléphoniques et nombreux appels dans le cadre du réseau paroissial d'appels ou pour alimenter le site internet, préparer le journal de pôle de l'été; réunions en visioconférence avec le Conseil épiscopal, la délégation du Secours Catholique (j'ai ainsi expérimenté Skype, Whatsapp, Meet, Zoom) ; contacts par téléphone, mail ou sms avec des membres de la plupart des groupes auxquels j'appartiens (ou nous appartenons) et qui ne peuvent plus se réunir.
Nous essayons d'être attentifs aux personnes qui n'ont ni internet ni smartphone, et qu'on peut si vite oublier.
Les célébrations nous manquent, mais à 70 ans passés, nous nous efforçons, comme tous ceux qui nous entourent, de respecter les consignes sanitaires pour ne pas mettre les autres en danger.

 

Geneviève Sonnet

Confinement… un mot que l'on employait peu avant ce mois de Mars, un mot qui bouleverse nos vies, mais qui nous fait revenir à l'essentiel.

 

Pour le vivre au mieux, je continue à avoir des repères dans la journée. A vivre seule, c'est plus compliqué , mais voilà, les personnes qui sont chez elles, dans peu d'espace et avec des enfants et du télé-travail, c'est d'autres problèmes.
C'est plus le soir , comme avant, que j'ai besoin de partager et que je ressens plus la solitude. Mais voilà, j'ai comme beaucoup, les enfants , la famille , les amis et des voisins qui téléphonent et je peux appeler telle où telle personne avec qui j'ai envie de partager .
J'ai fait des masques pour mes proches, mes voisins et des amis. Il faut se rendre utile et occuper son temps.
Je suis la messe sur le site de la paroisse (et pas en pyjama, comme le dit Christophe avec humour) c'est un moyen de rester uni dans la prière.
Je coupe l'après-midi par le chapelet à Lourdes sur KTO.
Cette période nous met face à nous-même, il faut apprendre  la  patience  et  se  soutenir  les  uns  les autres .
Je suis admirative de toute cette solidarité que ce passage nous met en évidence.

 

Stanislas et Dominique Kozisek

La crise sanitaire entrainée par la pandémie du au virus COV-SRAS2 appelé également COVID-19 a été extrêmement rapide puisque les premiers malades sont apparus à HUWAN en Chine fin décembre 2019 et ce n’est que début janvier 2020 en Chine que le virus s’est répandu, c’est-à-dire environ voila 4 mois. Cela donne une idée sur la contagiosité et la gravité de ce virus avec 190 236 décès dans le monde, dont 22 245 en France (données sante publique France) .Nous nous préparions à cette épidémie depuis la dernière semaine de février 2020 en constatant l’évolution de cette infection en Italie. Les hôpitaux ont été mis en alerte des le début mars principalement en raison de la catastrophe sanitaire qui avait lieu dans l’est de la France. Le confinement ne nous a donc pas surpris et même nous a rassuré. Néanmoins cela a modifié notre vie dans ses différentes composantes .

 

Au point de vue familial, pour moi peu de modification. Nous sommes confinés Dominique et moi avec notre fils Arnaud. Nous avons une vaste maison avec un jardin et des moyens pour avoir une activité sportive régulière. Cela a modifié l’activité des loisirs, puisque nous ne pouvons plus sortir. Nous pensons et prions pour les personnes ou les familles qui sont confinées dans de petit appartement avec des enfants ou les personnes isolées. Nous sommes en relation téléphoniques ou par SKYPE avec nos autres enfants et nos amis.

Au point de vue professionnel, pas de répercussions extérieures je vais à l’hôpital tous les jours ; sauf le week-end quand je ne suis pas de garde. Quant au rythme du travail beaucoup de modifications. Dès l’annonce du confinement, les consultations programmées ont été supprimées. Cela a été un temps de réorganisation des services , des protocoles de pris en charge et de formation qui nous a pris beaucoup de temps et d’énergie .Mais qui a porté ses fruits. Fin du mois de mars et première semaine d’avril, la pression du COVID-19 se faisait plus visible au niveau du personnel, avec une unité de médecine contaminée, de l’administration( plusieurs personnes atteintes ) des familles que l’on accueillait. Avec aussi une équipe qui se soude, étant dépendant les uns des autres; de belles initiatives extérieures, avec des entreprises qui fabriquent des visières de protection et nous les offre gratuitement et des particuliers qui nous apportent des masques FFP2 qu’ils avaient à un moment ou l’on en manquait . D’autres entreprises qui nous offrent des fleurs du chocolat et de la nourriture. Cela a soutenu les soignants. Début mars nous manquions de solution hydroalcoolique et de masques . Depuis la fin du mois de mars tous les soignants portent un masque constamment et le soluté hydroalcoolique n’est plus limité. La tension actuelle qui subsiste reste la fourniture de sur-blouses. La aussi nous sommes aidés par certaines entreprises locales qui nous aide et que nous remercions .Nous avons développé par ailleurs au sein du service des solutions alternatives . Aucun soignant pour l’instant dans mon service n’a été atteint et nous avons pu prendre en charge tous les enfants qui nécessitaient des soins et suivre téléphoniquement ou en consultation quand cela a été nécessaire les pathologies chroniques. Curieusement le confinement a réduit considérablement les passages aux urgences pédiatriques. L’ambiance dans le service pour les soignants me semble bonne, tant et si bien que c’est à l’extérieur que nous pensons être menacé. Enfin après Pâques, l’effet du confinement est devenu visible avec une baisse de la circulation du virus et finalement la baisse d’activité dans le service. L’inquiétude augmente actuellement sur l’après confinement et le risque non négligeable d’une 2ème vague.

Au point de vue spirituel, j’ai vécu mon diaconat dans ma vie familiale, dans ma vie professionnelle, auprès des malades et des familles. Le confinement est assez propice a la prière. J’ai relativement bien vécu la semaine sainte spirituellement grâce à la web-TV . je suis depuis le confinement exclu de vie sacramentelle ( Eucharistie , pénitence ) et cela j’en souffre. Et je reste marqué par tous ces malades qui se sont éteint quasiment sans accompagnement soit à l’hôpital ,soit à l’EPAHD, avec des funérailles réduites à une petite bénédiction au cimetière devant une assemblée extrêmement réduite. Il n’y a aucune raison actuellement connue pour que le virus arrête de circuler dans la population. Cette circulation virale risque d’augmenter lors du déconfinement. Les seules mesures qui ont fait preuve de leur efficacité sont les mesures barrières strictement appliquées avec port d’un masque. Alors quelque soit les impatiences des uns et des autres, mettons en application au mieux ces mesures barrières car c’est la que nous prendrons soins de nos frères.